Prise de conscience : Zéro Déchet

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Je m’appelle Joy, j’ai 35 ans, 3 enfants qui croquent la vie a pleines dents, un mari toujours partant pour de nouvelles aventures et un chien super sympa. Nous nous sommes rencontres, il y a plus de 10 ans chez L’Oréal, le monde de la beauté est une véritable histoire de famille ! Nous sommes partis en 3 semaines à Séoul puis à Jakarta pour atterrir il y a 3 ans a Los Angeles. La ville de toutes les contradictions et tous les excès. Cette surconsommation au milieu de la nature sauvage et fascinante.

J’ai toujours été sensible au respect de l’environnement mais le déclic s’est fait, il y a bientôt un an en promenant mon chien dans la rue. J’ai dû passer devant des dizaines de fois… Je lis sur une bouche d’égout devant chez nous « no dumping go directly into the ocean » avec cet adorable petit dauphin qui avait l’air tellement heureux. J’ai levé les yeux et j’ai vu notre maison, et ça a fait tilt !

Mais où allait l’eau quand nous faisions nos lessives ? Dans l’Océan aussi ? et nos déchets ? J’ai toujours été septique du recyclage a Los Angeles, tout allait dans cette poubelle bleue le papier, le plastique, le verre et l’aluminium. J’ai alors commencé à faire des recherches sur Internet. Objectif numéro 1 trouver une recette de lessive maison. J’étais obnubilée par cette eau qui se déversait a seulement quelques kilomètres de chez nous, là où nos enfants se baignaient et surfaient le weekend, à l’endroit même où on voyait ce dauphin nager au bord de la plage au milieu des otaries. J’ai vite eu entre les mains la bible de tout débutant qui veut réduire ses déchets, la Maison zéro déchet. L’histoire d’une française, Bea Johnson qui vit en Californie, elle a eu cette prise de conscience écologique en 2008 ! Leur déchet annuel pour une famille de 4 tenait dans un pot de confiture ! J’étais bluffée. Je pensais que recycler était LA solution mais je me trompais. 

Ma première démarche a donc été de vider nos 2 poubelles dans notre jardin et de faire le bilan. Le constat était sans appel. Du plastique, du plastique et encore du plastique. Partout ! J’étais effarée. Je pensais bien faire en mettant mes légumes dans des poches en tissu réutilisables mais cela n’était en réalité pas suffisant. Il fallait changer nos habitudes. Consommer moins mais mieux, de manière consciente. 

Le lendemain je m’attaquais à la cuisine. Tout y est passe. J’ai fait le point sur les contenants en verre que nous avions déjà en notre possession, rajouté des pochons en tissu et l’aventure a commencé. 

Le changement le plus facile a été les produits d’entretien pour la maison. Une base simple de vinaigre blanc, bicarbonate de soude et savon de Marseille. Le tour était joué. Finis les gros bidons de lessive, les produits chimiques, l’eau de javel pour tout désinfecter. Retour aux produits naturels tout aussi efficaces et aux recettes maison. Après avoir un peu tâtonnée, fais des expériences volcaniques – il y a eu quelques débordements au grand bonheur des enfants ! J’ai mes 2, 3 recettes magiques. A présent, je passe beaucoup moins de temps dans les rayons du supermarché à acheter mes litres de lessive et de liquide vaisselle. Je prépare en 10min chrono 2 gros bidons de lessive, en moins de 5min mon spray pour nettoyer la maison et le liquide pour faire la vaisselle a été remplacé par un pain de savon de Marseille qui sert aussi pour se laver les mains.  La maison sent tout aussi bon qu’avec des parfums de synthèse grâce aux huiles essentielles d’orange douce, de lavande ou de citronnelle.

Rapide, efficace, naturel et économique. 

Des recettes testées et validées, qui font de plus en plus d’adeptes. Parlez-en autour de vous je suis sûre que vous connaissez au moins une personne dans votre entourage qui fait sa lessive !

La 2eme étape a été plus chaotique, l’univers du vrac… Au début j’achetais toujours trop ou pas assez. J’en mettais partout en transvasant dans mes bocaux, il y en avait autant dans le pot que par terre, j’oubliais de faire la tare. La vraie débutante. J’avais l’impression de passer mon temps dans les magasins de vrac, j’y allais parfois 3 ou 4 fois par semaine. J’étais désespérée, découragée par tous ces trajets. Je me demandais à quoi tout cela servait. C’est vrai au fond, notre entourage ne cessait de me répéter que c’était une goutte d’eau dans l’océan ! Finalement les enfants étaient tout aussi contents avec leur paquet de biscuits industriels mais j’ai tenu bon, la routine s’est mise en place. Je voulais être cette goutte dans ce grand océan et faire avancer les choses. Je me suis rodée, j’achète uniquement ce dont nous avons besoin pour la semaine. On a limite nos déchets organiques, il n’y a presque plus d’emballage dans notre cuisine, seulement des pots en verre et de temps en temps un petit écart d’un achat plaisir ! On consomme de manière beaucoup plus consciente. Cette petite goutte a inspiré certains de nos amis qui ont eux aussi décidé d’amorcer cette prise de conscience. C’est cet effet boule de neige qui fera avancer les choses !

A présent, on ne quitte jamais la maison sans notre « kit de survie » 1 gourde, des couverts en bambou et une boite en guise de « doggy bag ». Nous appliquons au maximum la précieuse règle des 5 R (reuse, refuse, rot, repair, recycle). Refuser un sac à la caisse, essayer de réparer le grille-pain avant de foncer sur Amazon en commander un nouveau, réutiliser les contenants pour stocker de la nourriture, composter quand cela est possible, recycler ce vieux grille-pain auprès de l’organisme adéquat.

Nos enfants sont devenus de vrais chasseurs de plastique ! Ils refusent spontanément les pailles ou les gobelets à usage unique. Ils ne partent jamais sans leur gourde. Les avoir sensibilisés et rendus conscients est ma plus grande fierté.

On ne peut pas se séparer de nos mauvaises habitudes mais on peut les remplacer. Il n’est pas obligatoire d’aller aussi loin tout de suite. Je voulais tout changer d’un coup, mais ce n’est pas possible. Il faut s’adapter et voir ce qui est faisable de faire évoluer dans la vie de chacun. Pour nous c’était l’alimentation. Cela coïncidait avec mon changement de carrière. Je venais de reprendre des études pour être coach en nutrition. Toutes les planètes s’alignaient pour accompagner notre changement de vie. Le virage était amorcé.

Vous vous souvenez, la beauté était une véritable histoire d’amour et par conséquent nos placards de salle-de-bain sont les plus difficiles à « révolutionner ». Ils sont remplis de produits rapportés par mon mari. J’ai toujours eu la chance d’avoir toutes les nouveautés avant tout le monde. J’ai pris conscience que le plus important est d’avoir peu de produits mais des produits de qualité, en adéquation avec ma nouvelle philosophie de vie.

L’objectif pour le moment est d’écouler notre stock digne d’une parapharmacie. Il ne s’agit pas de tout jeter à la poubelle mais de finir ce que l’on a en notre possession ou de donner et ne plus garder « au cas où » vous la connaissez par cœur cette phrase je suis sûre. C’est la première étape pour une prise de conscience juste et pérenne. 

J’ai tenté de faire mes crèmes mais je n’étais jamais satisfaite. Je ne retrouvais pas la gourmandise des parfums pas toujours très naturels ou l’onctuosité d’une crème bourrée de pétrole… On devient vite « addict » à ce confort.

L’étape de la salle de bain zéro déchet est la plus frustrante. Je suis toujours à la recherche de LA marque qui va allier la générosité et le confort des formules, l’efficacité d’ingrédients naturels, la transparence sur les modes de fabrication et surtout le plus important son engagement pour la planète.

Plus qu’une façon de vivre c’est une véritable philosophie de vie, qui a souvent un impact ultra positif sur qui nous sommes. La conscience de notre planète ne peut avoir lieu sans prendre conscience de soi. Nous sommes ce que l’on mange, ce qu’on se met sur la peau et surtout ce que l’on veut faire de notre douce planète bleue. Être conscient est un tout. Vous verrez l’essayer c’est l’adopter !

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